Pérenniser son activité quand on est indépendant

Bientôt 10 ans et Facilacliker est toujours présente ! En effet, pérenniser son activité quand on est indépendant est un challenge de tous les jours. Qui n’a pas vécu ces fameuses montagnes russes ?

Quelques statistiques provenant de l’INSEE :

en 2020, il y a eu 848 200 créations d’entreprises (dont 45% de micro-entreprises). Il est à noter que 39% sont des femmes.

Au-delà de la facilité à créer son activité indépendante, la pérennité de son entreprise demeure toutefois un défi important car 25% des entreprises créées disparaissent au bout de 2 ans et 50% au bout de 6 ans. Le taux de pérennité moyen est de 3 ans pour 66% des entreprises.

Vous allez découvrir maintenant 3 étapes qui m’ont permises de pérenniser mes différentes activités. Je vous assure que la vie n’est pas un long fleuve tranquille !

Les éléments déclencheurs et le démarrage de son activité

Quitter le statut salarié

Assistante depuis plusieurs années et ayant travaillé dans différentes entreprises, j’avais décidé de quitter le salariat. En effet, je voulais mettre à profit toutes mes compétences acquises auprès de futurs clients.

Devenir son propre patron est un rêve de beaucoup de personnes car il n’est pas évident de faire évoluer sa carrière professionnelle comme on le souhaite dans une entreprise.

Avoir ses premiers clients parmi ses relations

Mon deuxième élément déclencheur est arrivé quand une association m’a demandé d’effectuer des prestations administratives contre rémunération. C’est alors que j’ai répondu à cette opportunité en créant mon auto-entreprise tout en gardant une activité salariée à mi-temps. Cela m’a permis de démarrer progressivement et sereinement.

De par le développement de mon activité, je me suis posé les premières questions concernant :

  • mes motivations : choisir mes clients, choisir mon rythme de vie, faire de mon travail une passion
  • mes valeurs : mon éthique et ma conscience professionnelles, mon sens relationnel, ma volonté de transmettre mes connaissances
  • mon projet : choisir mes offres de prestations en fonction de mes compétences, choisir mes cibles idéales de clients

J’ai démarré avec deux offres : secrétariat externalisé et formation bureautique dans le domaine commercial.

Choisir son environnement de travail

Lorsque j’étais salariée, je n’avais pas d’autre alternative que d’aller travailler au bureau de mon entreprise.

En devenant indépendante, j’ai pu choisir le lieu pour réaliser mes différentes prestations : sur le site du client ou en télétravail à mon domicile. Par la suite, pour des raisons de commodités, j’ai intégré un espace de coworking qui m’offre :

  • d’accueillir mes clients dans un lieu professionnel
  • de rencontrer et d’échanger avec d’autres entrepreneurs
  • de ne pas rester seule au domicile

S’entourer des bonnes personnes

Que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle, il est primordial de s’entourer des bonnes personnes qui vont :

  • vous encourager dans votre projet
  • vous conseiller et vous accompagner
  • vous soutenir en cas de moments difficiles

D’un point de vue professionnel, il est recommandé d’être accompagné par des spécialistes dans leur domaine d’activité (banquier, graphiste, assureur, coach en développement, etc.). Mais comment les trouver ? Pour ma part, j’ai intégré différents réseaux d’entrepreneurs (cf article sur les réseaux d’entrepreneurs).

D’un point de vue personnel, les proches sont les premiers ambassadeurs. En montrant motivation et confiance en votre projet, vous allez les contaminer d’énergies positives.

Dans tous les cas, tenez les personnes négatives à distance de vous. Rien de pire que de les écouter pour faire baisser votre estime de soi !

Equilibrer vie pro/vie perso

Une fausse croyance perdure : en devenant entrepreneur indépendant, vous avez plus de temps pour votre vie personnelle. Je mettrai un bémol : le démarrage d’une activité demande beaucoup d’investissement dans les premiers temps.

Le but n’est pas non plus d’y consacrer plus d’heures qu’il n’en faut et de s’y épuiser. Pour cela, rien de tel que de définir ses objectifs SMARTE afin d’avoir une vision sur la 1ère année (couplée à la matrice d’Eishenhower, c’est encore mieux 😉).

Fixer des objectifs SMARTE

Pour ne pas s’éparpiller au début, définir ses objectifs permet de s’organiser à court (hebdomadaire), moyen (mensuel) et long (annuel) terme. La méthode SMARTE structure les chemins pour y arriver. Pour rappel, un objectif doit toujours être exprimé de manière positive et non négative. Ex : « je ne veux plus arriver en retard à mes rdv » deviendra « je veux arriver à l’heure à mes rdv ».

  • Spécifique : être le plus précis dans la formulation de son objectif
  • Mesurable : se donner un seuil quantitatif à atteindre
  • Ambitieux : relever un défi acceptable et motivant
  • Réaliste : ne pas se mettre la barre trop haute pour éviter une démotivation
  • Temporel : définir l’atteinte de l’objectif dans le temps avec des termes précis
  • Ecologique : être en adéquation avec nos valeurs et servir notre intérêt

Lorsque j’ai mis en place en 2020 ma formation Qualiopi en elearning sur une plateforme dédiée, j’ai établi mes objectifs SMARTE :

Spécifique et mesurable : transformer une formation existante

Ambitieux : en elarning

Réalistes : en partenariat avec deux spécialistes

Temporel : sur 6 mois

Ecologique : tout en réadaptant mes propres supports de formation

Il est tout à fait possible de revoir ses objectifs au fur et à mesure de l’avancement et de les réviser sans culpabiliser. Pour ma part, mon objectif s’est réalisé au bout d’un an (et non 6 mois).

Le développement de son activité

Maintenant que l’activité est lancée, l’objectif est de commercialiser de façon efficace son activité afin de développer son chiffre d’affaires. Cette étape est charnière car cela demande des compétences en communication et commerciales. Si vous n’avez pas ces savoir-faire, le mieux est de s’adresser à des spécialistes pour vous accompagner. En effet, l’erreur est de continuer à vouloir tout réaliser en autonomie. Mais sans compétences adéquates, vous perdrez du temps.

Prospecter et négocier

« Si on parle à tout le monde, on ne s’adresse à personne ». Bien choisir sa cible idéale ou « persona » (profil avec des caractéristiques précises) permet de :

  • adapter sa communication en fonction de la branche professionnelle
  • mettre en valeur ses compétences aux besoins de sa cible
  • fixer son prix (voir l’article de la FFMAS à ce sujet)
  • choisir ses canaux de communication

Une fois votre cible définie, vous devez connaitre les besoins et les attentes de vos futurs clients. Bien comprendre leur contexte professionnel permet de leur envoyer des devis le plus juste possible (prix, description de la prestation, délai, règlement, etc.).

Dans la négociation, instaurez vos limites (tarifs, compétences demandées, temps, déplacement, etc.) afin de garder une marge de manœuvre.

Communiquer

Comme vu précédemment, vous allez vous adresser à votre cible idéale par le biais de différents canaux de communication :

  • le bouche à oreille dans son cercle proche
  • le pitch dans les réseaux professionnels
  • les publications sur les réseaux sociaux
  • les outils marketing (newsletters, sms, appels téléphoniques, etc.)

Privilégiez les moyens de communication où vous vous sentez le plus à l’aise. N’hésitez pas non plus à tester différents outils permettant d’analyser les retombées statistiques afin d’améliorer votre communication.

Fidéliser ses clients

En fonction de votre activité, vos clients peuvent devenir fidèles :

  • en commandant plusieurs fois vos prestations/produits
  • en recommandant vos activités auprès d’autres prospects (ils deviennent vos prescripteurs et vos ambassadeurs)

La qualité de vos prestations ou de vos produits doit toujours être votre objectif premier. En effet, un client satisfait en vaut deux !

La pérennité de son activité

Bien gérer sa trésorerie

Je ne vais pas ici vous faire un cours de gestion d’entreprise mais vous donner quelques astuces pour ne pas arriver dans le rouge.

  • anticiper et planifier les achats importants
  • penser aux mois creux sans rentrée de CA
  • se verser une rémunération régulière et raisonnable (quelque soit le CA du mois)
  • effectuer des prêts sur une durée courte
  • avoir une épargne de secours (pour les achats imprévus)

Evoluer en fonction des demandes clients

Vous serez amenés à rencontrer des prospects avec des demandes parfois bien particulières. Sachez saisir l’opportunité en créant vos propres prestations : cela va amener du challenge et diversifier vos compétences.

Se former régulièrement

Ne pas rester sur mes acquis mais toujours être dans la posture d’un apprenant, c’est comme cela que j’avance personnellement. Se former nécessite d’avoir un peu de budget car tout n’est pas forcément pris en charge. La formation peut s’effectuer au travers :

  • d’ateliers dans des réseaux professionnels
  • d’échanges et d’entraides entre entrepreneurs
  • de sessions auprès de formateurs spécialisés pour acquérir de nouvelles compétences
  • d’autoformation grâce à des MOOC, webinaires ou tutoriels

Depuis que je suis moi-même formatrice, j’ai pris l’habitude d’effectuer de la veille stratégique afin d’anticiper et de prendre les décisions au moment où j’en ressentais le besoin.

Pour certaines activités un peu techniques, j’ai mis en place des procédures afin de gagner en méthodologie.

S’écouter avant de se prendre le mur

Il m’est arrivé plusieurs fois de subir un imprévu, une épreuve qui déstabilise. A ce moment là, il est tentant d’arrêter l’aventure entrepreneuriale et de repartir vers une activité salariée plus stable. Avant de prendre une telle décision, je vous conseille de :

  • reprendre vos objectifs SMARTE
  • faire un bilan de ce qui a marché et ce qui a échoué
  • revoir vos cibles clients
  • vous reconnecter avec vos motivations
  • vous faire accompagner par un coach professionnel

Mes motivations ont toujours été les plus fortes, ce qui m’a poussé à continuer le projet mais en le faisant évoluer vers des prestations différentes de ce que j’avais prévu au départ. Il n’est pas interdit de se tromper ! Le tout est de le reconnaitre et de rebondir vers ce qui nous plait vraiment.

Se différencier tout en gardant son authenticité

Attention à la comparaison : si vous voulez vous différencier des concurrents, ne copiez pas ce qu’ils font mais créez vos prestations en fonction de ce que vous aimez faire.

Au démarrage de mon activité entrepreneuriale, j’aimais gérer les bases de données de données, établir des statistiques, former les personnes aux outils bureautiques. J’ai donc privilégié mes offres de prestation autour de la mise en place de CRM (logiciels de bases de données commerciales) et de former les clients à ces logiciels. Comme je voulais me différencier, j’ai donc adapté mes offres en créant des prestations sur mesure en fonction des besoins et attentes des clients. Cela demande à sortir de sa zone de confort mais le client s’y retrouve car vous êtes également dans le conseil puisque c’est vous qui avez la compétence !

Aujourd’hui, forte de mon expérience en tant qu’assistante manager et formatrice depuis bientôt 10 ans, je continue de transmettre mes connaissances et compétences acquises auprès d’entrepreneurs qui souhaitent aussi devenir formateur.

Crédit photo mise en avant de l’article : photo de Sora Shimazaki provenant de Pexels